Je ne capitule pas

Eugène Ionesco: Rhinocéros 

Eugène Ionesco- RhinocérosTous les habitants du village sont atteints de “rhinocérite” et se transforment, un à un,  en de moches monstres qui n’assurent leur survie qu’en groupe. Une véritable métamorphose kafkaïenne collective! Face à ce changement inopportun, il semble qu’il n’y a qu’un homme qui s’est résolu à y résister jusqu’au bout. Impuissant, notre pauvre Bérenger témoigne la transformation de tous ses amis et ses collègues en rhinocéros, même ceux qui défendaient auparavant la supériorité de l’homme face à tout autre être vivant.

Ce qui distingue la pièce de théâtre Rhinocéros c’est son ton absurde, fantastique, comique et tragique à la fois. Ionesco emploie toutes sortes d’allégories et de dérèglements de langage pour transmettre les ramifications du dilemme interne qui déchire Bérenger: s’attacher tout seul à sa nature humaine ou se laisser entraîner par la transformation de ses compatriotes qu’il juge fautifs. Les jeux de mots ne manquent pas, et visent à montrer comment, à travers le langage, on peut manipuler la réalité.

Bien que le théâtre ne soit pas ma tasse de thé, Rhinocéros m’a vraiment marquée grâce à sa prose facile, son humour intelligent et son indéniable critique sociale. Il s’agit d’une belle métaphore de l’individualité et de la résistance à la culture de masse, et pourrait bien s’inscrire dans n’importe quel contexte spacio-temporel. On reconnaît un grande oeuvre quand la vérité qu’elle renferme est atemporelle. C’est ici que réside l’immortalité de la littérature.

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